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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 18:05

En ce lendemain d'élection, je ne peux m'empêcher d'être gagné par une certaine tristesse. Malgré les déceptions profondes sur l'action de Nicolas Sarkozy, il restera - derrière Alain Madelin - une des personnalités qui ont plus marqué mon engagement politique.

 

Ma première campagne comme militant, c'est précisément la campagne pour la liste Sarkozy-Madelin aux Européennes de 1999. Mon premier meeting politique, c'est un meeting de Nicolas Sarkozy en juin de cette année. Déjà, il était un orateur hors paire. Mêlant malice et habileté, force de conviction et rhétorique, il était un leader inspirant, qui avait pris la mesure de la radicalité des mesures à prendre pour sortir notre pays de l'ornière. A la différence de Madelin, il avait cette pointe de cynisme qui le rendait finalement plus éligible. Pourtant, cette campagne de 99 se solda par un relatif échec, la liste RPR-DL arrivant en troisième position derrière le PS d'un certain François Hollande et la liste souverainiste Pasqua-Villiers.

 

Cette défaite marqua le retrait de Nicolas Sarkozy, mais laissait Alain Madelin. En 2002, la campagne présidentielle d'Alain Madelin fut, de mes différents engagements militants, celle dans laquelle je me suis le plus retrouvé: totale adéquation avec le programme et ambiance géniale ... sauf au moment de l'annonce du résultat final: 3.9%!

 

2002 qui marqua le début de la fin de la carrière politique d'Alain Madelin fut aussi l'année où Sarkozy ressuscita. Sarkozy était moins proche de mes idées, mais avait trouvé une nouvelle manière de parler à l'opinion et semblait pouvoir faire passer des réformes, là où Madelin était resté incompris, prisonnier de la caricature dans laquelle on embastille sans procès les idées libérales dans ce pays.

 

Entre 2002 et 2007, mon image de Sarkozy s'est parfois écornée (notamment au moment des émeutes de 2005) mais je conservais ma "foi". J'étais (et je reste) persuadé qu'il était le seul capable de faire passer certaines réformes essentielles. Je me suis donc engagé pleinement dans l'UMP.

 

Je n'ai jamais aimé ce parti. L'ambiance y était caporaliste et un peu sectaire - aux antipodes de ce que j'avais connu à DL. C'était quand même très RPR et, dans certains cas, excessivement bourgeois. La section du XIIIè dans laquelle je militais restait un groupe de gens "normaux" dans lequel nous avons partagé des bons moments et où je conserve de fidèles amitiés. Dans un arrondissement dominé par la gauche, nous avons tous activement milité pendant 2 ans sans jamais perdre l'objectif de faire gagner des voix à Sarkozy.

 

Pourtant, au cours de la campagne de 2007, j'ai été assez déçu par le programme économique que je trouvais vide et insuffisant. Sans vouloir en faire trop, je pense que la suite m'a donné raison. La première année de Nicolas Sarkozy a été largement gâchée alors qu'il avait un capital énorme dans l'opinion. Au lieu de faire des cadeaux fiscaux improductifs, il aurait mieux valu créer un choc de compétitivité. Enfin, bref, passons.

 

Au final, il restera quand même des réformes très utiles au pays que j'ai déjà eu l'occasion de rappeler. Et puis il y aura ce qui n'est pas mesurable: comment le pays s'en serait-il sorti sans lui pendant la crise? inmesurable en effet, mais je suis convaincu qu'il n'a pas si mal manoeuvré.

 

En 2011, la rupture était consommée pour moi: manque d'action de fond sur les déficits publics, absence de perspective de réformes fortes, discours démagogiques sur les sujets sensibles, tendances protectionnistes, affaires... Bayrou m'est apparu plus crédible et avec une meilleure vision pour le pays. Avec moins d'enthousiasme mais quand même avec une certaine conviction.

 

François Bayrou restait le candidat qui a tenu la ligne dont j'étais la plus proche lors de cette élection ... jusqu'à ce qu'il annonce qu'il voterait François Hollande.

 

Alors, après quelques brèves hésitations avec un vote blanc, j'ai jugé plus responsable de voter Nicolas Sarkozy. Le résultat on le connaît. Et j'avoue que j'ai éprouvé une certaine émotion en voyant le discours d'adieu de Nicolas Sarkozy avec en regard les relents de haine déversés sur lui tout au long de cette campagne.

 

Sarkozy parti, je regarde le paysage politique et je peine franchement à y voir le leader de demain.

 

L'avenir est aux petites formations en dehors de la structure rigide et étouffante de l'UMP, comme le Parti Libéral Démocrate d'Aurélien Véron qui porte un discours neuf et pragmatique. On est loin du compte mais ce sont les petits ruisseaux...

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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 17:03

Si on juge un arbre à ses fruits, ceux produits par cette campagne sont bien indigestes, voire empoisonnés.

 

Même si les derniers sondages indiquent un resserrement sensible entre Sarkozy et Hollande, la cote du candidat sortant est forte et on l'imagine mal l'emporter.

 

Je persiste cependant à penser que Hollande n'est pas à la hauteur de l'enjeu et qu'il est "rather dangerous" comme l'écrit The Economist dans une tribune très argumentée et très précise qui a achevé de me convaincre.

 

Certes, Sarkozy a fortement heurté mes convictions avec ses discours sur la frontière et sur l'immigration. Certes, je suis pour la maîtrise des flux migratoires mais je pense que certains amalgames trop faciles se retournent contre les millions de musulmans modérés et intégrés français ou résidents sur notre territoire. Certes Sarkozy pourrait bien être concerné par des affaires politico-financières pas très nettes (il faut évidemment attendre les résultats de l'enquête).

 

Mais je ne peux que lui reconnaître d'avoir pris une mesure extrêmement courageuse avec la réforme des retraites de 2010. Les socialistes ont l'incroyable culot de reprocher à la réforme de ne pas être financée au delà de 2017 ... moyennant quoi, ils veulent en réduire davantage sa portée en ramenant l'âge légal de la retraite de 62 à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans, au nom de la "justice".

 

Quelle justice y a-t-il là dedans alors que cette mesure fragilise davantage l'équilibre d'un système qui ne pèse déjà que trop sur les actifs. Voilà 5 milliards d'Euros partant en fumée. Alors on nous dit que le système actuel "pénalise" les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans. Est-ce à dire alors que tous les autres systèmes de retraites d'Europe (sauf la Grèce) où l'âge légal de départ à la retraite est au delà de 63 ans sont injustes? On ne doute pourtant pas que dans ces pays, certains futurs retraités ont aussi commencé à travailler à 18 ans. Cet argument est criminel! Et où est la justice quand le poids des charges pesant sur les actifs empêche les jeunes d'aujourd'hui de trouver du travail?

 

La justice de M. Hollande et des socialistes est, pour moi, une justice "hard discount". Un raisonnement simpliste qui écarte toute complexité avec des arguments péremptoires. Cette prétendue "justice" nous conduira dans le mur.

 

Et que dire des propositions de Hollande sur les postes de fonctionnaires: 60.000 de plus dans l'Education Nationale qui a déjà les effectifs les plus importants de toute l'OCDE quand on les rapporte au nombre d'élèves. Est-ce vraiment comme cela que l'on soignera notre école malade? Où trouvera-t-on les candidats alors que le système est incapable aujourd'hui de pourvoir tous les postes ouverts à concours dans certaines matières? Et que dire de la qualité de certains de ceux qui sont actuellement recrutés?

 

Qui n'est pas consterné d'apprendre qu'une illuminée comme Nathalie Arthaud, candidate de Lutte Ouvrière, enseigne l'économie dans un lycée?...

 

Hollande persiste pourtant: ce sera 60.000 postes. Pour atténuer sa mesure, il affirme qu'il en supprimera autant ailleurs, mais se garde bien de dire où. La ficelle est un peu grosse! Bercy dit-on? Dans l'absolu ce serait une bonne chose. Christian Sautter s'y était cassé les dents et Jospin avait reculé. Je vois mal Hollande réussir l'exercice, surtout avec Mélanchon en embuscade.

 

Reste l'armée? La gauche n'aime pas le ministère de la Défense et ses effectifs ont "l'avantage" de ne pas être syndiqués... Mais je crois que dans l'instabilité mondiale suscitée par la crise, nous avons plus que jamais besoin d'une armée moderne et efficace. Si c'est vraiment le plan de Hollande, il assumerait la responsabilité d'une grave erreur historique.

 

Après, nous pourrions être agréablement surpris sur la capacité de Hollande à réaliser des coupes budgétaires. Mais j'ai de profonds doutes quand il n'en a annoncé aucun dans son programme et que sa majorité probable serait verrouillée par les Mélanchons et la gauche du PS.

 

Et puis Hollande a l'arme magique. "Ze Sicrète wépone" [en franglais dans le texte]. Le machin qui va nous sauver sans douleur. J'ai nommé: la Croissance.

 

"Ah ben oui, tiens. Qu'on est con. Pourquoi qu'on n'y a pas pensé plus tôt... C'qu'il est fort ce François!"

 

Bon, on sait pas trop comment elle va arriver la croissance avec Hollande. Mais attendez: une seule bonne idée à la fois.

 

Oh puis il est tellement génial notre François National que même les britanniques, les italiens, les suédois et le patron de la BCE se sont ralliés à son idée. Quel leader! Quel charisme époustoufflant!

 

Bon, sinon, les britanniques, les italiens, les suédois et le patron de la BCE veulent le retour de la croissance par davantage de libéralisation du marché intérieur et une flexibilisation du marché du travail...

 

Sérieusement, comment voter pour Hollande?

 

Et Bayrou! Quelle déception ce François Bayrou. Il axe son discours sur le recul de l'endettement public et sur la reconstruction d'une force centriste après l'élection et voilà qu'il opte pour le candidat qui offre le moins de garanties en termes de luttes contre les déficits et empêche par la même le rassemblement des dernières forces centristes du pays. Alors certes, j'entends les arguments qui ont motivé son vote. Mais je pense qu'ils sont exagérés et que la résolution des problèmes économiques est la clé du rétablissement moral de notre pays que François Bayrou appelle de ses voeux.

 

Pour moi, ce sera donc retour à la case Nicolas Sarkozy.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 19:05

On croyait avoir touché le fond avec le niveau de la campagne du premier tour qui avait complètement occulté les questions de fond: rétablissement des comptes publics, retour de la croissance, moralisation de la vie politique... Mais la campagne du second tour semble devoir être encore plus déplorable.

 

Le poison instillé par le score des extrêmes (Le Pen, Mélanchon & co) continue de se diffuser dans les veines du pays et paralyse les candidats principaux. Nicolas Sarkozy et ses partisans se débattent comme ils peuvent en multipliant les déclarations outrancières et contradictoires dans une ambiance mi-dernier carré de la Garde, mi-Commedia dell'Arte.

 

Et pendant ce temps, François Hollande s'achemine tranquillementvers une large victoire sans que personne ne se pose vraiment trop de question sur son programme. Bon, sauf peut-être les dirigeants de l'UMP, mais ceux-là ont perdu l'oreille de l'opinion depuis longtemps.

 

Comme Sarkozy en 2007, Hollande réussit le tour de force de fédérer des courants d'opinions pourtant inconciliables entre eux allant de centristes modérés un peu perdus à des mélanchonistes (et tout ça grace à Sarkozy). Mais pour quoi faire? A l'image du programme économique de Sarkozy en 2007, le programme économique de Hollande est un mélange de mesures gadgets symboliques et contreproductives, de gloubi-boulga avec, ponctuellement, quelques bonnes mesures isolées ici et là (ex. IS des PME).

 

Mais globalement, le compte n'y est pas. Ainsi, le candidat socialiste ne propose aucune mesure sur l'efficacité de la dépense publique. C'est pourtant le sujet majeur du moment qui risque de se rappeler à nous dans les prochaines semaines.

 

Avec 56% de dépenses publiques par rapport au PIB (un record), on peut difficilement pousser plus loin le modèle prétendument keynésien dont une partie de la gauche se revendique. Nous nageons en plein dedans et nous constatons tous les jours notre bonheur... ou pas.

 

Hollande pourtant refuse (officiellement) de couper dans les dépenses et entend même les augmenter, motif pris qu'une "politique d'austérité" freinerait le retour de la croissance, selon un argumentaire bien rodé. En réalité, il y a "austérité et austérité". L'austérité par la baisse des dépenses publiques n'a pas le même effet sur la croissance que l'austérité par la hausse des prélèvements obligatoires, surtout lorsqu'ils pèsent sur l'investissement. De fait, François Hollande entend s'engager sur la pire forme d'austérité: l'austérité par la hausse des taxes et impôts.

 

Il parle de croissance, mais le mot sonne creux. Il parle de politique Européenne, mais la politique de croissance que viennent de promouvoir les gouvernants italiens, espagnols, suédois et britanniques, sont aux antipodes de la vision françaises: là où ils veulent plus de libre échange, il est pour le replis sur soi. Là où ils souhaitent plus de flexibilité, il est pour le maintien du statu quo. Là où ils veulent plus de compétitivité, il est pour le repli sur soi.

   

Alors certes, il faudra attendre la pratique. Il est vrai que M. Hollande est un des rares socialistes a avoir évoqué la nécessité de mener une "politique de l'offre" - c'est à dire en faveur de l'investissement, ce qui est peu commun venant d'un socialiste français. Mais une telle politique est aux antipodes de celles de ses futurs alliés communistes et même de l'aile gauche du PS. Je ne vois pas comment il arrivera à faire passer la pilule.

 

Mais aujourd'hui qu'importe à l'électeur lancé

 

avec l'élan béat d'un troupeau d'ovidés.

 

Il se croira sauvé dès le soir du 6 mai.

 

La crise revenue, il se sera fort déçu,

 

Et de son infortune, blâmera les marchés...

 

 

 

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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 13:52

Le 14 janvier 2007, j'étais Porte de Versailles pour écouter le discours de campagne de Nicolas Sarkozy. Un discours vibrant et construit qui lança le candidat de l'UMP dans sa course vers la victoire. Etant désoeuvré - et toujours passionné de politique - j'ai regardé l'intégralité du discours de François Hollande au Bourget. Sur la forme, c'était le même discours:

- même type de décors très "institutionnel"

- même ton martial

- mêmes références à l'histoire de la République

- là où Sarkozy citait Jaurès, Hollande cite De Gaulle,

- là où Sarkozy vantait le travail pour flatter l'oreil des militants de droite, Hollande vante "l'égalité" et attaque la "finance",

- surtout, même prédominance du "je" dans le discours: je ne suis pas comme les autres, j'ai la volonté, je suis prêt aux sacrifices...

 

Mais sur le fond? Comme Sarkozy en 2007, il n'y a pas grand chose. Quelques mesures ponctuelles sont évoquées mais cela ne fait pas une politique. Pour le reste tout est suggéré mais jamais dit, de sorte que chacun entende ce qu'il veut entendre.

 

Hollande a indéniablement réussi un coup politique. Avec son discours, il a remobilisé ses troupes et c'est essentiel avant d'affronter ce genre d'épreuve. Le Sarkozy de 2012 serait-il capable de faire se déplacer 10.000 personnes pour un meeting? Je crois qu'il arriverait à peine à en déplacer 3.000, et encore, en faisant venir des car entiers des quatre coins de la France. Hollande a donc marqué des points sur son principal rival actuel.

 

Il n'en reste pas moins qu'il l'a fait en adoptant la démagogie qui nous a conduit là où nous en sommes. En plaidant la rigueur (il n'a plus le choix) tout en évoquant des mesures bien coûteuses quand on y regarde de plus près, mais aussi en accusant la "finance" et "l'argent". En désignant ainsi la finance comme la source de tous les problèmes, le candidat Hollande ne tient pas un discours de vérité. Il y a certes des problèmes avec la finance et des choses à réformer.

 

Mais le coeur du problème n'est pas là.

 

Le coeur du problème est la nécessité de réinventer notre modèle social avant qu'il ne sombre totalement. Et cela passe par une réforme profonde du fonctionnement de notre société et de la solidarité nationale. Concrètement, cela signifie que nous détenons la clé du problème, pas un hypothétique "ennemi de l'extérieur".

 

Alors réformer la finance, pourquoi pas. Sûrement même. Mais quand on regarde un peu les rouages du capitalisme français et quand on voit qui est l'auteur des propos, ce type de discours fait doucement rigoler.

 

La réalité est que le système est verrouillé (et donc "gouverné") par les grands corps de fonctionnaires dont une trop grande partie ignore allègrement les règles d'éthique et de conflits d'intérêts. Ce mélange des genres est d'ailleurs parfaitement dénoncé par les journalistes Sophie Coignard et Raphaël Gubert dans L'Oligarchie des Incapables. Monsieur Hollande impartient à cet "caste", lui qui est issu de l'ENA. Il est d'ailleurs cité dans ce livre d'enquête au sujet du rôle peu glorieux qu'il a joué dans le scandale du CREF (Complément de Retraite des Fonctionnaires). Il a son propre bataillon de hauts fonctionnaires qui piaffent aujourd'hui dans les couloirs du Conseil d'Etat ou autres administrations en attendant de pouvoir prendre leur part du gateau. Pourtant ils ne sont pas élus. Pourtant ils ne se présenteront pas. Pourtant ils ont le pouvoir... Triste ironie du discours de François Hollande.

 

Mais il n'y aura pas un journaliste pour le relever.

 

Le discours de François Hollande est dans la droite ligne du discours de Nicolas Sarkozy du 14 janvier 2007. Les français se laisseront-ils berner de la même manière?

 

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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 11:06

Qu'est-ce qui a poussé le PS a faire du vote des étrangers non communautaires aux élections locales un des premiers sujets de débat de cette automne? Est-ce par idéologie? Est-ce par volonté de faire "monter" le FN au détriment de l'UMP dans un machiavelisme mitterrandien? Est-ce pour sécuriser le vote d'un électorat qu'il pense favorable pour garder le contrôle des mairies et autres conseils régionaux? Est-ce pour masquer la vacuité de leur programme économique? Difficile à dire. En tout cas, on ne pouvait imaginer pire entrée en matière pour la campagne électorale.

 

La question centrale de notre pays qui avait déjà était contournée en 2002 et en 2007 est la question de la modernisation de notre système social qui conditionne la question de la croissance et de l'équilibre des finances publiques.

 

Sur ce sujet, c'est le silence quasi-absolu.

 

Notre pays détient le record de dépenses publiques dans l'OCDE (56% du PIB) ce qui ne nous empêche pas d'avoir également des mauvais chiffres du chômage et de précarité et des services publics de base (éducation, sécurité, santé,...) dont on s'aperçoit quotidiennement qu'ils ne sont pas aussi reluisants que la légende le voudrait. Un constat criant s'impose: notre dépense publique est inefficace. Pire: on peut légitimement se demander si elle n'est pas contreproductive.

 

François Hollande a pris ses distances du bout des lèvres avec le programme du PS adopté en juin mais il n'a rien dit de concret. Et il aura bien du mal. Ses "alliés" verts commencent déjà à parler de la semaine de 32 heures!!!!!!

 

En revanche, la liste de positions irresponsables de sa part s'allonge. Après le Hara-Kiri de la fillière nucléaire nous destinant à une dépendance envers la Russie, le candidat socialiste a déclaré qu'il reviendrait sur le projet de traité Européen qui vient d'être péniblement négocié à l'initiative de N. Sarkozy et A. Merkel. Il y aurait certes beaucoup à dire sur ce traité mais la position de Hollande est simplement pyromane. Car derrière cette fatwa, M. Hollande n'a strictement rien à proposer et je ne doute pas une seule seconde qu'il aurait accepté exactement les mêmes termes que N. Sarkozy. Le seul effet de ces propos est d'ébranler la confiance des marchés sur la viabilité de cet accord et indirectement, de fragiliser la position du Gouvernement.

 

Cela étant, dans le camp d'en face, on n'a pas vraiment beaucoup mieux à offrir.

 

Et d'ailleurs, là où le PS met en avant le vote des étrangers, l'UMP lance une énième offensive sur la sécurité et l'immigration avec Claude Guéant en besogneux exécuteur des basses oeuvres. Est-ce pour masquer la même vacuité? Je le crois.

 

A ce jour personne n'a proposé de solutions convaincante. La plupart des hommes politiques ont choisi le discours de la "facilité" consistant à accuser les autres des infortunes économiques qui nous affligent ou nous menacent. C'est évidemment plus facile et tant le PS que l'UMP cèdent à cette facilité électorale.

 

Le seul qui tienne à ce jour un discours responsable sur le diagnostic des causes de la crise est François Bayrou. Il est en effet le seul à mettre le doigt là où ça fait mal en rappelant que nos problèmes actuels viennent d'abord de nos propres insuffisances.

 

Certes, un diagnostic ne fait pas un programme et il ne s'agit pas de signer un chèque en blanc au candidat centriste. Néanmoins, le diagnostic clair est la première étape indispensable pour rendre les réformes acceptables par les citoyens qui choisissent de manière responsable.

 

Le Sarkozy de 2007 aurait pu porter une telle pédagogie. Mais son discours a aujourd'hui perdu énormément de crédibilité après son mandat.

 

 

 

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