En ce lendemain d'élection, je ne peux m'empêcher d'être gagné par une certaine tristesse. Malgré les déceptions profondes sur l'action de Nicolas Sarkozy, il restera - derrière Alain Madelin - une des personnalités qui ont plus marqué mon engagement politique.
Ma première campagne comme militant, c'est précisément la campagne pour la liste Sarkozy-Madelin aux Européennes de 1999. Mon premier meeting politique, c'est un meeting de Nicolas Sarkozy en juin de cette année. Déjà, il était un orateur hors paire. Mêlant malice et habileté, force de conviction et rhétorique, il était un leader inspirant, qui avait pris la mesure de la radicalité des mesures à prendre pour sortir notre pays de l'ornière. A la différence de Madelin, il avait cette pointe de cynisme qui le rendait finalement plus éligible. Pourtant, cette campagne de 99 se solda par un relatif échec, la liste RPR-DL arrivant en troisième position derrière le PS d'un certain François Hollande et la liste souverainiste Pasqua-Villiers.
Cette défaite marqua le retrait de Nicolas Sarkozy, mais laissait Alain Madelin. En 2002, la campagne présidentielle d'Alain Madelin fut, de mes différents engagements militants, celle dans laquelle je me suis le plus retrouvé: totale adéquation avec le programme et ambiance géniale ... sauf au moment de l'annonce du résultat final: 3.9%!
2002 qui marqua le début de la fin de la carrière politique d'Alain Madelin fut aussi l'année où Sarkozy ressuscita. Sarkozy était moins proche de mes idées, mais avait trouvé une nouvelle manière de parler à l'opinion et semblait pouvoir faire passer des réformes, là où Madelin était resté incompris, prisonnier de la caricature dans laquelle on embastille sans procès les idées libérales dans ce pays.
Entre 2002 et 2007, mon image de Sarkozy s'est parfois écornée (notamment au moment des émeutes de 2005) mais je conservais ma "foi". J'étais (et je reste) persuadé qu'il était le seul capable de faire passer certaines réformes essentielles. Je me suis donc engagé pleinement dans l'UMP.
Je n'ai jamais aimé ce parti. L'ambiance y était caporaliste et un peu sectaire - aux antipodes de ce que j'avais connu à DL. C'était quand même très RPR et, dans certains cas, excessivement bourgeois. La section du XIIIè dans laquelle je militais restait un groupe de gens "normaux" dans lequel nous avons partagé des bons moments et où je conserve de fidèles amitiés. Dans un arrondissement dominé par la gauche, nous avons tous activement milité pendant 2 ans sans jamais perdre l'objectif de faire gagner des voix à Sarkozy.
Pourtant, au cours de la campagne de 2007, j'ai été assez déçu par le programme économique que je trouvais vide et insuffisant. Sans vouloir en faire trop, je pense que la suite m'a donné raison. La première année de Nicolas Sarkozy a été largement gâchée alors qu'il avait un capital énorme dans l'opinion. Au lieu de faire des cadeaux fiscaux improductifs, il aurait mieux valu créer un choc de compétitivité. Enfin, bref, passons.
Au final, il restera quand même des réformes très utiles au pays que j'ai déjà eu l'occasion de rappeler. Et puis il y aura ce qui n'est pas mesurable: comment le pays s'en serait-il sorti sans lui pendant la crise? inmesurable en effet, mais je suis convaincu qu'il n'a pas si mal manoeuvré.
En 2011, la rupture était consommée pour moi: manque d'action de fond sur les déficits publics, absence de perspective de réformes fortes, discours démagogiques sur les sujets sensibles, tendances protectionnistes, affaires... Bayrou m'est apparu plus crédible et avec une meilleure vision pour le pays. Avec moins d'enthousiasme mais quand même avec une certaine conviction.
François Bayrou restait le candidat qui a tenu la ligne dont j'étais la plus proche lors de cette élection ... jusqu'à ce qu'il annonce qu'il voterait François Hollande.
Alors, après quelques brèves hésitations avec un vote blanc, j'ai jugé plus responsable de voter Nicolas Sarkozy. Le résultat on le connaît. Et j'avoue que j'ai éprouvé une certaine émotion en voyant le discours d'adieu de Nicolas Sarkozy avec en regard les relents de haine déversés sur lui tout au long de cette campagne.
Sarkozy parti, je regarde le paysage politique et je peine franchement à y voir le leader de demain.
L'avenir est aux petites formations en dehors de la structure rigide et étouffante de l'UMP, comme le Parti Libéral Démocrate d'Aurélien Véron qui porte un discours neuf et pragmatique. On est loin du compte mais ce sont les petits ruisseaux...
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Commentaires