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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 13:52

Le 14 janvier 2007, j'étais Porte de Versailles pour écouter le discours de campagne de Nicolas Sarkozy. Un discours vibrant et construit qui lança le candidat de l'UMP dans sa course vers la victoire. Etant désoeuvré - et toujours passionné de politique - j'ai regardé l'intégralité du discours de François Hollande au Bourget. Sur la forme, c'était le même discours:

- même type de décors très "institutionnel"

- même ton martial

- mêmes références à l'histoire de la République

- là où Sarkozy citait Jaurès, Hollande cite De Gaulle,

- là où Sarkozy vantait le travail pour flatter l'oreil des militants de droite, Hollande vante "l'égalité" et attaque la "finance",

- surtout, même prédominance du "je" dans le discours: je ne suis pas comme les autres, j'ai la volonté, je suis prêt aux sacrifices...

 

Mais sur le fond? Comme Sarkozy en 2007, il n'y a pas grand chose. Quelques mesures ponctuelles sont évoquées mais cela ne fait pas une politique. Pour le reste tout est suggéré mais jamais dit, de sorte que chacun entende ce qu'il veut entendre.

 

Hollande a indéniablement réussi un coup politique. Avec son discours, il a remobilisé ses troupes et c'est essentiel avant d'affronter ce genre d'épreuve. Le Sarkozy de 2012 serait-il capable de faire se déplacer 10.000 personnes pour un meeting? Je crois qu'il arriverait à peine à en déplacer 3.000, et encore, en faisant venir des car entiers des quatre coins de la France. Hollande a donc marqué des points sur son principal rival actuel.

 

Il n'en reste pas moins qu'il l'a fait en adoptant la démagogie qui nous a conduit là où nous en sommes. En plaidant la rigueur (il n'a plus le choix) tout en évoquant des mesures bien coûteuses quand on y regarde de plus près, mais aussi en accusant la "finance" et "l'argent". En désignant ainsi la finance comme la source de tous les problèmes, le candidat Hollande ne tient pas un discours de vérité. Il y a certes des problèmes avec la finance et des choses à réformer.

 

Mais le coeur du problème n'est pas là.

 

Le coeur du problème est la nécessité de réinventer notre modèle social avant qu'il ne sombre totalement. Et cela passe par une réforme profonde du fonctionnement de notre société et de la solidarité nationale. Concrètement, cela signifie que nous détenons la clé du problème, pas un hypothétique "ennemi de l'extérieur".

 

Alors réformer la finance, pourquoi pas. Sûrement même. Mais quand on regarde un peu les rouages du capitalisme français et quand on voit qui est l'auteur des propos, ce type de discours fait doucement rigoler.

 

La réalité est que le système est verrouillé (et donc "gouverné") par les grands corps de fonctionnaires dont une trop grande partie ignore allègrement les règles d'éthique et de conflits d'intérêts. Ce mélange des genres est d'ailleurs parfaitement dénoncé par les journalistes Sophie Coignard et Raphaël Gubert dans L'Oligarchie des Incapables. Monsieur Hollande impartient à cet "caste", lui qui est issu de l'ENA. Il est d'ailleurs cité dans ce livre d'enquête au sujet du rôle peu glorieux qu'il a joué dans le scandale du CREF (Complément de Retraite des Fonctionnaires). Il a son propre bataillon de hauts fonctionnaires qui piaffent aujourd'hui dans les couloirs du Conseil d'Etat ou autres administrations en attendant de pouvoir prendre leur part du gateau. Pourtant ils ne sont pas élus. Pourtant ils ne se présenteront pas. Pourtant ils ont le pouvoir... Triste ironie du discours de François Hollande.

 

Mais il n'y aura pas un journaliste pour le relever.

 

Le discours de François Hollande est dans la droite ligne du discours de Nicolas Sarkozy du 14 janvier 2007. Les français se laisseront-ils berner de la même manière?

 

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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 11:06

Qu'est-ce qui a poussé le PS a faire du vote des étrangers non communautaires aux élections locales un des premiers sujets de débat de cette automne? Est-ce par idéologie? Est-ce par volonté de faire "monter" le FN au détriment de l'UMP dans un machiavelisme mitterrandien? Est-ce pour sécuriser le vote d'un électorat qu'il pense favorable pour garder le contrôle des mairies et autres conseils régionaux? Est-ce pour masquer la vacuité de leur programme économique? Difficile à dire. En tout cas, on ne pouvait imaginer pire entrée en matière pour la campagne électorale.

 

La question centrale de notre pays qui avait déjà était contournée en 2002 et en 2007 est la question de la modernisation de notre système social qui conditionne la question de la croissance et de l'équilibre des finances publiques.

 

Sur ce sujet, c'est le silence quasi-absolu.

 

Notre pays détient le record de dépenses publiques dans l'OCDE (56% du PIB) ce qui ne nous empêche pas d'avoir également des mauvais chiffres du chômage et de précarité et des services publics de base (éducation, sécurité, santé,...) dont on s'aperçoit quotidiennement qu'ils ne sont pas aussi reluisants que la légende le voudrait. Un constat criant s'impose: notre dépense publique est inefficace. Pire: on peut légitimement se demander si elle n'est pas contreproductive.

 

François Hollande a pris ses distances du bout des lèvres avec le programme du PS adopté en juin mais il n'a rien dit de concret. Et il aura bien du mal. Ses "alliés" verts commencent déjà à parler de la semaine de 32 heures!!!!!!

 

En revanche, la liste de positions irresponsables de sa part s'allonge. Après le Hara-Kiri de la fillière nucléaire nous destinant à une dépendance envers la Russie, le candidat socialiste a déclaré qu'il reviendrait sur le projet de traité Européen qui vient d'être péniblement négocié à l'initiative de N. Sarkozy et A. Merkel. Il y aurait certes beaucoup à dire sur ce traité mais la position de Hollande est simplement pyromane. Car derrière cette fatwa, M. Hollande n'a strictement rien à proposer et je ne doute pas une seule seconde qu'il aurait accepté exactement les mêmes termes que N. Sarkozy. Le seul effet de ces propos est d'ébranler la confiance des marchés sur la viabilité de cet accord et indirectement, de fragiliser la position du Gouvernement.

 

Cela étant, dans le camp d'en face, on n'a pas vraiment beaucoup mieux à offrir.

 

Et d'ailleurs, là où le PS met en avant le vote des étrangers, l'UMP lance une énième offensive sur la sécurité et l'immigration avec Claude Guéant en besogneux exécuteur des basses oeuvres. Est-ce pour masquer la même vacuité? Je le crois.

 

A ce jour personne n'a proposé de solutions convaincante. La plupart des hommes politiques ont choisi le discours de la "facilité" consistant à accuser les autres des infortunes économiques qui nous affligent ou nous menacent. C'est évidemment plus facile et tant le PS que l'UMP cèdent à cette facilité électorale.

 

Le seul qui tienne à ce jour un discours responsable sur le diagnostic des causes de la crise est François Bayrou. Il est en effet le seul à mettre le doigt là où ça fait mal en rappelant que nos problèmes actuels viennent d'abord de nos propres insuffisances.

 

Certes, un diagnostic ne fait pas un programme et il ne s'agit pas de signer un chèque en blanc au candidat centriste. Néanmoins, le diagnostic clair est la première étape indispensable pour rendre les réformes acceptables par les citoyens qui choisissent de manière responsable.

 

Le Sarkozy de 2007 aurait pu porter une telle pédagogie. Mais son discours a aujourd'hui perdu énormément de crédibilité après son mandat.

 

 

 

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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 15:56

Le drame de notre pays, c'est que nous avons un record de dépenses publiques (le poids de l'Etat dépasse allégrement les 50% du PIB) sans pour autant avoir la qualité de service public à laquelle on pourrait légitimement s'attendre. Formulé différemment, dans d'autres pays, on dépense moins mais on a un service au moins aussi bon si ce n'est meilleur. Et à chaque fois que l'on soulève le mauvais fonctionnement d'un service public, les syndicats répondent en coeur "manque de moyens". A ceux qui insistent, on leur répond qu'ils veulent "casser le service public". Le résultat est un grand immobilisme qui a conduit à trente ans de déficits publics structurels qui - gigantesque paradoxe - menacent aujourd'hui de nous empêcher totalement toute dépense nouvelle avec la crise de la dette des Etats Européens.

 

Depuis 2007, avec la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), Nicolas Sarkozy a souhaité s'attaquer à ce problème structurel avec la mesure du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux qui partent à la retraite. Cette approche s'est avérée globalementmauvaise. Il y avait certes des sureffectifs manifestes dans la fonction publique, mais appliquer cette mesure uniformément, sans distinguer entre les services et les missions a effectivement fragilisé le service public (au sens originel c'est à dire du service rendu au public). D'abord, certains services avaient déjà fait leur mutation et gagné en productivité avant la mesure mais elle a pourtant été appliqué de manière indiscriminée entre les canards boiteux de l'administration et les services modernisé. Du coup, on a pénalisé les vertueux. Ensuite, certains types de services publics de première nécessité (ex. police) avaient déjà des problèmes d'effectifs aggravés par les 35 heures. Cette mesure les a encore davantage pénalisés. Enfin, dans bien des cas, on n'a pas pensé à adapter les procédures de fonctionnement à des services à effectifs réduits.

 

Cette mesure a donc fait du tort. Tout n'est évidemment pas uniformément négatif mais je pense que globalement, le bilan est plutôt mauvais.

 

Une vraie réforme de l'efficacité de la dépense publique passera certes inévitablement par des coupes dans les effectifs pléthoriques de notre fonction publique d'Etat et territoriale. Mais ces coupes ne pourront se faire sans avoir au préalable repensé l'approche "qualitative", c'est à dire, une réflexion sur les objectifs de service public et la manière de les atteindre.

 

Sans prétendre avoir de solution miracle, je crois que plusieurs pistes doivent être envisagées:

 

1- les 35 heures - pardon de revenir encore et toujours sur ce sujet mais il est grave. Le secteur privé a globalement encaissé le choc des 35 heures à grands coups de dizaine de milliards d'allégements de charges et autres dispositifs (milliards qui nous manquent cruellement aujourd'hui). Le secteur public a en revanche absorbé le choc de plein fouet. Cela a particulièrement été le cas dans la fonction publique hospitalière qui a été très touchée dans l'organisation de son travail. Toucher aux 35h est aujourd'hui un tabou absolu. Il faudra une légitimité politique forte pour le faire ou une situation d'urgence.  Espérons que les candidats à la Présidentielle aient le courage d'affronter cette réalité.

 

2- la décentralisation aurait dû impliquer un allégement de la fonction publique d'Etat pour les tâches transférées aux autorités locales. Des progrès ont été fait mais on est très loin du compte. En outre, les collectivités territoriales (surtout depuis que la quasi-totalité des régions sont passées à gauche) semblent reproduire les mêmes erreurs de gestion que l'Etat. Je renvoie sur ce point à l'excellent livre de "Zoé Shepard", Absolument Dé-bor-dée qui illustre (avec un grand talent d'écriture) l'incroyable inefficacité quotidienne dans les conseils régionaux de ce pays.

 

3- la séparation de l'exécution et du contrôle: cela implique de confier l'exécution d'un certains nombres de services publics à des prestataires privés (associations ou entreprise) tout en laissant le contrôle de leur bonne exécution à l'Etat avec un cahier des charges précis et contraignant. Contrairement à une caricature trop facile, ce n'est pas abandonner le service public à la loi des profits. Il s'agit au contraire de faire en sorte que le contrôle de la qualité soit réel puisque ce n'est plus l'Etat qui contrôle l'Etat, mais l'Etat qui contrôle des tiers. Faut-il craindre que des prestataires privés fassent passer le profit avant la qualité? Il suffit pour cela d'imposer des obligations strictes et de réelles sanctions. Ça marche pas si mal avec le service universel des télécoms géré par des opérateurs privés sous le contrôle indépendant de l'ARCEP. Il règne globalement une saine concurrence sur ce marché et les prix sont (globalement) satisfaisants quand on les compare à l'étranger. Rien n'empêche de reproduire ce schéma à d'autres secteurs en s'inspirant des exemples étrangers qui ont réussi tout en préservant les droits des citoyens (ex. Canada, pays scandinaves...).

 

4- le statut de la fonction publique - il est difficile d'évaluer le "coût" de ce statut mais il n'y a pas grand chose qui le justifie aujourd'hui. Historiquement, il était la contrepartie du fait que les fonctionnaires n'avaient pas le droit de faire grève. Or, il n'aura pas échappé au lecteur que cette époque est fort lointaine... Certains objecteront aussi que c'est pour permettre aux fonctionnaires d'échapper aux pressions politiques. Cet objectif est certes louable et sans doute nécessaire pour certains types de postes très particulier. Mais franchement, peut-on sérieusement prétendre que cela concerne l'intégralité des fonctionnaires bénéficiant de ce statut? Est-ce que Mme Michu, secrétaire de M. le sous-préfet dont le rôle est de taper des lettres, tenir l'agenda du sous-préfet et gérer ses appels a vraiment besoin d'être protégée des "pressions politiques"? C'est absurde. Et c'est d'autant plus absurde qu'à côté de ces fonctionnaires protégés existe désormais de nombreux contractuels non protégés qui effectue les mêmes missions sans aucune protection. Enfin, le Code du travail français applicable à des millions de salariés, n'a pas la réputation d'être laxiste!!

 

Voilà quelques pistes qui me paraissent mériter d'être explorées. Combien de candidats les évoqueront? Combien préféreront céder à la facilité de l'impôt?

 

 

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Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 08:59

C'est le leitmotiv de la gauche: la crise actuelle serait le résultat de la spéculation des "marchés financiers" contre les Etats. Dans l'inertie générale, personne ne relève cet argument qui frise pourtant la malhonnêteté. Quelle est la crise actuelle? C'est d'abord et avant tout, la crise des finances publiques et l'impossibilité qu'ont certains Etats de la zone Euro de vendre leurs obligations d'Etat, tant est grande la crainte de leur défaillance.

 

Il faut être précis. La spéculation, c'est une opération qui consiste à profiter des fluctuations naturelles du marché, pour réaliser un bénéfice (Merci, le Petit Robert).

 

Soit les "marchés" ont confiance et ils achètent la dette publique au prix où elle est proposée, soit ils ne l'achètent pas. Où est la spéculation? 

 

Lorsqu'ils sont confrontés à une telle objection, les pourfendeurs de la spéculation répondent alors, comme une évidence: "si on en est là, c'est à cause des banques qui ont créé la crise des subprime".

 

 Il est vrai que les mesures de soutien à l'économie et le ralentissement économique subséquent ont creusé les déficits. Toutefois, à l'échelle de la dette publique, consciencieusement creusée depuis des années par les gouvernements successifs (sauf l'éphémère gouvernement d'Alain Juppé).

 

La crise des subprime n'a été qu'un révélateur, l'étincelle, d'une menace imminente que faisait peser des années de mauvaise gestion budgétaire. En outre, au moins en France, l'aide directe aux banques n'a rien coûté à l'Etat puisqu'elle a pris la forme de prestations de garanties payées par les banques qui y avaient recours. 

 

Les retournements de conjonctures font hélas partie du cours des choses et des gouvernants prévoyant auraient dû nous mettre à l'abris en adoptant une gestion saine des finances publiques. Au lieu de cela, ils ont préféré les dépenses à court terme plus propices à favoriser leur réélection.

 

Ce discours de réalité, une certaine partie de la gauche n'aime pas l'entendre car il remet en cause son idéologie fondée sur une croissance permanente des dépenses publiques.

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Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 11:54

Si la crise actuelle nous apprend une chose, c'est que le consensus démocratique peut conduire à des solutions catastrophiques sans que personne (de "crédible") ne s'y oppose. La décision d'inclure la Grèce dans la zone Euro en 2001 fut de celles-ci. Ce pays ne répondait même pas aux critères dits de Maastricht en termes de déficit et de dette publique. On sait également aujourd'hui que même les chiffres qu'elle avait présentés étaient faux. Pourtant aucune étude sérieuse ne fut réalisée. L'adhésion se fit pour des motifs politiques et le Gouvernement de Lionel Jospin en fut le plus grand promoteur.

 

De même, à la fin des années 90, la France – tirée par la croissance américaine – connu plusieurs années d'expansion économique. Pourtant, la Gauche Plurielle se contenta d'encaisser les recettes sans entreprendre de réformes structurelles par exemple sur les retraites.

 

Voilà deux rendez-vous majeurs où la gauche a pris des mauvaises décisions dont nous mesurons aujourd'hui l'ampleur des conséquences.

 

Mon propos n'est évidemment pas de dire que la droite a été merveilleuse (j'ai déjà eu l'occasion de taper dessus dans de nombreux articles précédants). Mon propos est de montrer que la gauche n'est pas une solution.

 

Ceux qui en 2007 minimisaient l'importance de la question de l'endettement public, tentent de se racheter aujourd'hui une vertu en reprenant (partiellement) le langage de la rigueur.

 

Mais cette prétendue rigueur de gauche est pipée.

 

D'abord, ils bercent les français d'illusion en leur faisant croire que l'on va résoudre tous les problèmes en "taxant les riches" ou un illusoire "capital". Certes, on grattera quelques centaines de millions mais il nous faut des milliards. Autrement dit, cela améliorera les choses à la marge mais n'est pas capable de régler les problèmes de fond.

 

Sur le volet dépenses, le PS est plus discret. Et pour cause! Cela reviendrait à s'attaquer aux bastions de sa clientèle électorale dans la fonction publique et notamment dans la fonction publique territoriale dont certains livres remarquablement bien écrits ont vanté la (faible) productivité.

 

C'est ainsi, que l'on voit le cafouillage de François Hollande sur la création de 60.000 postes dans l'éducation nationale. Sentant qu'il risquait de se faire déborder sur sa gauche, Hollande a sorti de son chapeau cette belle mesure démagogique pour "flatter sa gauche". Même Martine Aubry a dénoncé la dérive financière que cela représenterait. Un comble!

 

La réalité est que l'éducation nationale est déjà incapable de pourvoir l'ensemble des postes soumis à concours, fautes d'avoir un nombre de candidats ayant le niveau suffisant.

 

Pareil sur les redoublements! François Hollande dit: les redoublements coûtent trop chers. Il faut les diminuer. S'est-il seulement demandé pourquoi notre taux de redoublement était-il si supérieur aux autres pays Européens alors que nous dépensons beaucoup plus sur le secondaire? Cela impliquerait de reconnaître que l'on envoie trop d'élèves en filières générales où ils ne peuvent pas s'épanouir et se voient passer de niveau en niveau jusqu'à atteindre le mur du baccalauréat qu'ils obtiennent péniblement avant d'aller se perdre sur les bancs d'une fac déconnectée des réalités.

 

Et que dire de son "contrat de génération" consistant à subventionner des recrutements de jeunes diplômés avec le maintien d'un senior dans les entreprises. Une belle idée … sur le papier – et encore, les 2 premières minutes seulement! En fait, cette mesure est le clone de la mesure de Sarkozy sur les heures supplémentaires: un aspirateur à effet d'aubaines, une usine à gaz et – au final – un gouffre pour les finances publiques.

 

Evidemment, personne ne parle des 35h. Je ne reviendrai pas sur le sujet mais je rappellerai – pour la énième fois – que les 35 h sont toujours en vigueur (alors que le chômage monte) et qu'elles coûtent 12 milliards par an au budget de l'Etat.

 

A cela, il ne faut pas oublier que dans la configuration politique actuel, un président socialiste devrait gérer une majorité comprenant la gauche du PS (Benoît Hamon & co), les Verts et des cocos survoltés qui ne veulent pas se faire "avoir" comme après la période de la Gauche Plurielle où leur électorat s'était senti trahi.

 

Bref, tout cela pour dire que je m'étonne que tout le monde se laisse endormir par autant de médiocrité. Nous en avons sans doute marre de Sarkozy, Copé, Guéant, Hortefeux, Dati et autres Lefèbvre, mais ce qu'il y a "en face" n'est pas une solution viable.

 

La crise nous commande à nous citoyens de nous réveiller et de sortir du schéma de pensée dans lequel nous nous sommes laissé enfermer. La crise appelle des solutions nouvelles. Elle appelle une majorité centrale avec les gens raisonnables de centre gauche et les gens raisonnables de centre droit.

 

Je n'en étais pas convaincu jusqu'à récemment. C'est devenu pour moi une évidence criante.

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